Par Salima Tlemçani in El Watan du 26/12/2002
A quelques centaines de kilomètres de la ville de Ghardaïa, où siège depuis peu la fondation Déserts du monde, inaugurée en grande pompe par le ministre de l’Environnement, le lac salé de Menéa (El Goléa), un lieu paradisiaque fréquenté par au moins une soixantaine d'espèces d’oiseaux migrateurs, agonise sous l’effet de la pollution.
Une véritable catastrophe naturelle guette ce lieu mythique dont dépend l’équilibre écologique de la région. Pendant longtemps, principal joyau de la ville d’El Goléa, le lac salé a perdu une grande partie de sa beauté et s’est transformé, à cause de la bêtise humaine, en un immense égout à ciel ouvert. Une immense canalisation y déverse tout au long de la journée et de l’année les eaux usées de la ville. De nombreuses espèces d’oiseaux ont disparu de ce lac, qui ne leur offre plus les conditions de migration d’antan. Sa vive couleur bleue a viré au vert sombre, recouvert d’une couche assez épaisse de détritus, signe assez révélateur d’une pollution avancée. A côté, face à l’absence de l’administration locale et du mouvement associatif, le lac est en train de dépérir. Pour mieux «l’achever», de nombreuses constructions illicites l’ont encerclé de toutes parts. Les autorités concernées n’ont pas daigné prendre les mesures nécessaires pour détruire ces habitations qui risquent d’être emportées un jour par le débordement du lac ou l’affaissement du terrain très sablonneux. Les rares jeunes sensibilisés sur la question n’ont pu approcher Cherif Rahmani, lors de sa visite à Ghardaïa, à l’occasion de l’inauguration de la fondation, Déserts du monde, pour lui exprimer leur colère. En attendant la réalisation du projet de déviation du collecteur des eaux usées, entrepris par la wilaya, le lac salé se meurt et, avec lui, est en train de disparaître une grande partie de la faune et de la flore.
