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Lundi 08 Mai 2006
LAC SALE D’EL GOLEA POLLUE PAR LES EAUX USEES :
Une catastrophe écologique

Par Salima Tlemçani in El Watan du 26/12/2002

A quelques centaines de kilomètres de la ville de Ghardaïa, où siège depuis peu la fondation Déserts du monde, inaugurée en grande pompe par le ministre de l’Environnement, le lac salé de Menéa (El Goléa), un lieu paradisiaque fréquenté par au moins une soixantaine d'espèces d’oiseaux migrateurs, agonise sous l’effet de la pollution.

Une véritable catastrophe naturelle guette ce lieu mythique dont dépend l’équilibre écologique de la région. Pendant longtemps, principal joyau de la ville d’El Goléa, le lac salé a perdu une grande partie de sa beauté et s’est transformé, à cause de la bêtise humaine, en un immense égout à ciel ouvert. Une immense canalisation y déverse tout au long de la journée et de l’année les eaux usées de la ville. De nombreuses espèces d’oiseaux ont disparu de ce lac, qui ne leur offre plus les conditions de migration d’antan. Sa vive couleur bleue a viré au vert sombre, recouvert d’une couche assez épaisse de détritus, signe assez révélateur d’une pollution avancée. A côté, face à l’absence de l’administration locale et du mouvement associatif, le lac est en train de dépérir. Pour mieux «l’achever», de nombreuses constructions illicites l’ont encerclé de toutes parts. Les autorités concernées n’ont pas daigné prendre les mesures nécessaires pour détruire ces habitations qui risquent d’être emportées un jour par le débordement du lac ou l’affaissement du terrain très sablonneux. Les rares jeunes sensibilisés sur la question n’ont pu approcher Cherif Rahmani, lors de sa visite à Ghardaïa, à l’occasion de l’inauguration de la fondation, Déserts du monde, pour lui exprimer leur colère. En attendant la réalisation du projet de déviation du collecteur des eaux usées, entrepris par la wilaya, le lac salé se meurt et, avec lui, est en train de disparaître une grande partie de la faune et de la flore.

Samedi 06 Mai 2006

EL GOLEA ET LE PAYS DES CHAAMBAS

in SAHARA par Sophie Loizillon GUIDES MARCUS 1992

L'oasis d'El Goléa est la plus caractéristique de l'agriculture saharienne, les trois niveaux de culture y sont méticuleusement entretenus. Céréales et légumes se côtoient, au dessus poussent les arbres fruitiers, surtout des agrumes et des abricotiers, l'ensemble est submergé par une mer de palmes.

Dominant l'oasis se dresse un ksar médiéval bâti par les berbères zénètes pour résister aux rezzous chaambas et touaregs. Aprés une promenade dans l'ombre fraîche de l'oasis il faut monter à l'assaut du ksar en fin de journée. les rayons horizontaux du soleil donnent un relief saisissant aux pans de murailles effondrés et chemins de ronde. Au sommet de ce rocher fortifié on domine toute l'oasis, le vert des palmiers, le rouge des maisons et le blanc des tombaux de marabouts disséminés çà et là.

Au sud d'El Goléa on peut aller voir de la sebkha El MELAH. Une petite étendue d'eau salée, refugepour de nombreux oiseaux d'ea, s'étend au milieu du sable piqueté de palmiers.

 

Vendredi 05 Mai 2006

In http://chaps.canalblog.com

J'avais été cueilli à l'aéroport par un copain de Jacques, lui aussi coopérant, Michel PompeÏ. Et nous primes aussi sec le chemin du Sud. L'Atlas saharien fut franchi de nuit, après qu'on ait failli déraper sur le verglas au col des Caravanes. Puis il y eut Ghardaïa, étonnante féérie nocturne, et enfin la palmeraie d'El Goléa - l'un des plus belles du Sahara. On se s'arrêtait pas : l'objectif était loin, on avait peu de temps, il fallait foncer. Jacques avait loué une fourgonnette Peugeot 403, dont les ressorts étaient rafistolés avec de la ficelle. Il avait aussi embauché son chauffeur, un jeune Noir jovial du nom de Lahcène. Il y avait aussi d'autres copains, ce qui faisait un convoi de 4 ou 5 voitures. Moi, j'étais dans une 2 chevaux.
2chevaux

Ben oui, on partait pour le Hoggar, à une époque où il n'y avait que de vieilles pistes, héritages des Français, au sud de Hassi Messaoud. Et nous n'avions pas de 4 x 4, encore moins de GPS. Nos seuls moyens d'orientation étaient une bonne vieille carte Michelin à une échelle impossible, les balises visibles de loin en loin, et le pifomètre. Cela suffit bien, et je veux transmettre ce message encourageant à ceux qui s'imaginent qu'il faut se barder d'invraisemblalbles arsenaux techniques pour oser faire 3 mètres dans le désert. L'approximation et la chance, ça marche pas mal non plus...

Vendredi 05 Mai 2006

Histoire de l'église d'Algerie par l'éveque de Laghouat Michel Gagnon.

in http://www.fides.org/ita/dossier/algeria_gagnon.html

CENTENAIRE DE LA MISSION DU SAHARA


Du vivant de Lavigerie
Quand en 1867 Monseigneur Lavigerie accepta le siège d'Alger, ses collègues de France et son entourage furent surpris et intrigués qu'il quitte le diocèse bien organisé et prospère de Nancy pour aller aux "colonies" où la situation était plutôt précaire.
Aussi, dès son installation à Alger, le nouvel évêque s'empressa-t-il de s'expliquer sur les motifs pour lesquels il avait accepté de traverser la Méditerranée. On y trouve deux axes principaux de son programme:
1. Pour lui, Alger était un champ d'apostolat qui, en raison même de sa nouveauté et de sa précarité, méritait qu'on s'y intéresse et que l'Église soit bien présente au développement de cette terre devenue française depuis 35 ans. Mais, il voit aussi plus loin que les rives de la Méditerranée. Comme il le dit lui-même, "L'Algérie n'est qu'une porte ouverte par la Providence sur un continent de 200 millions d'âmes. C'est là surtout qu'il faut porter l'apostolat catholique...."
2. D'autre part, il encourage son clergé à ne pas se limiter au seul service pastoral des chrétiens mais à chercher également le contact avec la population musulmane, selon sa phrase célèbre: "Je considère tous les habitants de ce pays comme mes enfants, même ceux qui ne me reconnaissent pas comme leur père".
Concernant la première perspective mentionnée, il s'en était ouvert à Rome, ce qui amena la création, en 1868, du Vicariat Apostolique du Sahara et du Soudan dont il fut lui-même chargé comme Délégué Apostolique en tant que représentant du Saint-Siège.
Quant au second projet, Mgr Lavigerie s'aperçut bien vite que, vu leur nombre restreint, leur ignorance de la culture locale, et l'étendue de beaucoup de paroisses, les prêtres diocésains ne pouvaient mener de front les deux volets de l'apostolat préconisé. Il fallait donc des hommes préparés spécialement pour cette approche du monde musulman. Aussi, en 1868 également, assiste-t-on à la fondations des Missionnaires d'Afrique qui, rapidement, pour les distinguer du clergé diocésain, seront mieux connus sous le nom de "Pères Blancs ". Le monde féminin ne fut pas oublié et, l'année suivante, vit l'apparition des premières "Soeurs Blanches ". Cependant, ces initiatives n'étaient pas du goût du Gouvernement Général de l'Algérie qui appliquait un programme qui préconisait un développement séparé pour les Français qui venaient s'installer dans le pays et pour la population locale. Ceci était concrétisé sur le terrain par un réseau de "Bureaux des Affaires Arabes" chargés de s'occuper de l'administration des populations. Se considérant comme les seuls habilités a gérer l'évolution des musulmans, ces "Bureaux Arabes ", comme on les appelait communément, prirent ombrage des initiatives de l'évêque pour la création d'écoles, de dispensaires et autres oeuvres sociales. Et cela peut expliquer, en partie, que pratiquement jusqu'à l'indépendance (1962), les Pères Blancs et Soeurs Blanches se sont trouvés confinés aux mon-tagnes de Kabylie et aux sables du désert...
Sans tarder, donc, au fur et à mesure que le nombre de ces nouveaux missionnaires augmentait, le fon-dateur les envoya-t-il principalement en Kabylie, cette région musulmane mais de langue et de tradition berbères étant considérée comme plus réceptive au message chrétien. Toutefois, Mgr Lavigerie donna à ses disciples des consignes très strictes concernant l'apostolat qui devait éviter un prosélytisme agressif et apologétique, pour s'adonner en premier lieu a gagner la confiance des habitants par l'exemple de la charité, de la disponibilité à offrir des services qui, pendant longtemps, seraient d'ordre humanitaire et social plutôt que spirituel, les uns n'excluant pas les autres, selon l'action de la grâce divine. Bien sûr, à cette époque, étant donnée la ligne théologique générale concernant le salut, on ne parlait pas encore de "dialogue " interreligieux mais plutôt du "salut des infidèles " et des voies possibles pour eux d'entrer dans l'Église, puisqu'en dehors d'elle il n'y avait pas de salut...Mais puisqu'à Rome on comptait sur lui pour que l'Évangile pénètre en Afrique continentale, Mgr Lavigerie se préoccupa d'y envoyer des missionnaires. A cet effet, il tourna son regard vers le Sud algérien afin d'y pénétrer et d'établir des "relais " vers l'Afrique subsaharienne.
En 1872, des Pères Blancs arrivent à Laghouat (400 km au sud d'Alger) et poussent jusqu'à Ghardaïa. Mais devant l'hostilité des Bureaux Arabes et des leaders de la communauté mozabite, ils se tournent, l'année suivante, vers Biskra (Sud constantinois) et Géryville (Sud oranais). Fin 1874, ils évitent d'entrer de nouveau en conflit avec les autorités de Ghardaïa et s'implantent chez les Chaamba de Metlili. Mais ils étaient tenus en suspicion et étroitement surveillés. Un diaire de l'époque note: "Les Bureaux militaires du Sud algérien nous auraient volontiers ramenés à Alger sous bonne escorte, si au-dessus du Général Subdivisionnaire de Médéa, il n'y avait pas eu le Gal Wolf dont la modération exerçait une influence pacificatrice dans les conseils du Gouvernement". L'accueil ayant été plus chaleureux à Ouargla, le P. Richard et deux de ses confrères s'y installent en juin 1875. Mais on cherche à aller plus loin. La ville mythique de Tombouctou qui est le but de cette pénétration est à plus de 2000 km de Metlili!
En 1876, trois Pères (Paulmier, Menoret et Bouchand) vont risquer l'aventure à partir de Metlili. Ils partent le 15 Janvier. Ils seront tués, sans doute vers le 21 Janvier, entre El-Goléa et In Salah...
Le résultat immédiat, c'est qu'on ferme Géryville (mai 1877) et aussi Metlili (février 1878). Cependant, il y a eu la fondation de Bou Saada en novembre 1877, mais Ouargla est fermé provisoirement en août 1879 et le restera jusqu'en 1891. On n'abandonne pas le projet, mais il faut chercher une autre voie: on pense à Tripoli et Ghadamès (Libye).
C'est le P. Louis Richard, figure marquante de cette période, qui est chargé de préparer une nouvelle tentative pour rejoindre le Sahel. Installé à Ghadamès en 1878, il multiplie les déplacements à travers le désert et prend contact avec les Touaregs Ajjer. Alors qu'il était prêt à partir avec deux compagnons voici que l'on apprend le massacre de la Mission Flatters (1881). Tout est remis en question mais, finalement, en octobre de la même année, les PP. Richard, Pouplard et Morat se mettent en route. Dans la nuit du 20 au 21 décembre ils sont assaillis par leurs guides et massacrés.
Il devenait évident qu'il fallait trouver une autre voie pour parvenir en Afrique continentale. Et le Cardinal Lavigerie choisit d'orienter ses missionnaires vers l'Afrique centrale en y envoyant un premier groupe en 1878.
Allait-on abandonner la mission du Sahara? La maison de Metlili fut réouverte en 1883 et après des tractations longues et difficiles on finit par s'installer à Ghardaïa en 1887. Ce sera la seule station jusqu'en 1894.
Le Cardinal Lavigerie meurt en 1892. Presqu'aussitôt ses consignes de prudence sont remises en ques-tion. En 1894, le P. Malfreyt, devenu Provincial des Pères Blancs d'Algérie, prend une grave décision. Selon ses propres termes, "le temps de la sage réserve imposée par le Cardinal semble fini" et il ordonne l'instruction religieuse à tous ceux que l'on peut intéresser.
Ceci amena l'ouverture d'une école qui connut bien des tribulations, tant de la part des autorités françaises que de la communauté mozabite. Mais l'élan est donné: la relation à la population et à l'administration s'améliore. Même à la "paroisse " il y a quelques consolations: à Pâques 1899, la chapelle se remplit, il y a même du monde aux Vêpres et, durant le mois suivant, aux prières du mois de Marie. A l'école, qui est leur premier souci, les Pères ajoutent le soin des malades et aussi l'accueil ou le rachat de jeunes esclaves, car la Traite continue clandestinement
Mgr Anatole TOULOTTE (1891-1897)
Mgr Toulotte avait vécu à Metlili et connaissait les conditions de vie et d'apostolat au Sahara. Il est sacré comme Vicaire apostolique du Sahara et du Soudan le 12 juillet 1891. Le siège de cet immense Vicariat était a Bamako (Mali), mais Mgr Toulotte préféra s'installer à Ghardaïa qu'il connaissait mieux et parce qu'il n'y avait pas encore d'implantation missionnaire au sud du Sahara. Son premier souci fut de faire venir les Soeurs Blanches qui arrivent en décembre 1892. Entre temps, le P. Hacquard et deux autres Pères Blancs sont revenus à Ouargla (mars 1891). En 1893, c'est la fondation d'El-Goléa "dans un abominable gourbi infesté de termites et personne n'est très chaud pour laisser les "roumis " construire une chapelle". Après le risque de suppression, la mission du Sahara a donc repris de la vigueur. L'école de Ghardaïa fonctionne bien mais connaît une mutation sérieuse, celle de refuser les enfants juifs: de 119 élèves en 1895, elle tombe à 30 en 1898. Quant aux Soeurs Blanches, elles sont appelées à servir dans l'hôpital ouvert par l'administration militaire. En 1895, elles inaugurent leur propre hôpital à Biskra.
A partir de Ghardaïa, Mgr Toulotte doit se préoccuper de visiter son immense diocèse et envoie un premier groupe de Pères Blancs au Soudan (à Ségou) en 1894 sous la conduite du P. Hacquard. Mais "criblé de fièvres et moulu de fatigues", il démissionne le 12 octobre 1897 et se retire à Rome où il meurt en 1907.
Mgr Auguste HACQUARD (1897-1901)
Nommé pour succéder à Mgr Toulotte, il est sacré évêque à Paris en avril 1898. Sous sa direction, une percée est faite vers les Monts des Ksour (Aflou-Géryville) et les Soeurs Blanches sont en service à l'hôpital d'El-Abiodh Sidi Cheikh de 1899 à 1902. L'homme du moment qui a marqué la région de sa présence est le P. Giacobetti. Grand voyageur et homme de contact, il a laissé de nombreux textes et notes sur l'histoire et les traditions de ce secteur. A El-Goléa, les Pères s'installent dans une meilleure maison; ils construisent une chapelle au centre de l'oasis et ouvrent une école.
En 1899, c'est l'entrée des Français à In Salah (400 km au sud d'El-Goléa et 1300 km au sud d'Alger). Ceci amène l'installation d'un service de téléphone et de télégraphie qui nécessita 4000 poteaux (qu'il fallut amener de très loin) et 3000 chameaux!
On assiste donc à une consolidation de la mission pendant le bref épiscopat de Mgr Hacquard qui mourut noyé dans le fleuve Niger en 1901. Toutefois, les dia ires de l'époque font état d'un certain essoufflement et sont assez pessimistes sur l'attitude méfiante des populations et les maigres résultats des efforts entrepris.
Mgr Charles GUÉRIN (1901-1910)
A la mort de Mgr Hacquard, l'immense Vicariat apostolique du Sahara et du Soudan est restructuré. La partie saharienne en est détachée et devient autonome sous le nom de Préfecture Apostolique de Ghardaïa. Et c'est le P. Charles GUÉRIN qui est nommé pour en prendre charge en juillet 1901. Il n'a que 29 ans et 5 ans de sacerdoce!
Signalons que c'est en octobre de la même année que Charles de Foucauld, qui vient d'être ordonné prêtre, prend résidence à Beni Abbès. Il entretiendra une correspondance très suivie avec le nouveau Chef de mission. Il en résulta une amitié profonde car ils étaient faits pour se comprendre et s'apprécier mutuellement.
Sur le plan de l'apostolat, à la mort du fondateur, ses consignes de réserve sont contestées. Les premières conversions en Kabylie poussent à une action plus directe. Mgr Guérin est hésitant. Il connaît les consignes du Cardinal Lavigerie et recommande la prudence. Mais puisque le but de la mission est de "sauver des âmes ", il laisse agir les missionnaires qui, dans les écoles ou par leurs contacts, prennent une attitude critique à l'égard de l'islam et cherchent à attirer vers le christianisme. En 1900, c'est le P. Louis David qui arrive dans la mission. Il y mourra en 1966, ayant vécu 60 ans à Ghardaïa où son tact, sa douceur et son intérêt pour la tradition ibadite du Mzab contribueront largement à gagner la confiance de la population.
En 1905, Mgr Guérin approuve le projet de Ch. de Foucauld de se rendre au Hoggar sur l'invitation de son ami le Colonel Laperrine; il est en effet, à l'époque, le seul prêtre ayant la possibilité de s'installer dans ces régions éloignées et encore inconnues.
Mais, en 1910, au retour d'un voyage à El-Goléa où il est allé aider Pères et Soeurs à soigner les malades d'une épidémie de typhus, Mgr Guérin est lui-même atteint par cette maladie et succombe en quelques jours. Il n'a que 38 ans et son décès sème la consternation parmi ses missionnaires et ses amis.
Mgr Henri BARDOU (1910-1916)
Avec Mgr Bardou, la mission connaît une période de turbulence. Intellectuel, docteur en théologie, très bon arabisant, il ne croit pas à la mission de "présence et de prudence". Il encourage une prédication directe et agressive. Il étudie les auteurs musulmans et rédigent des ouvrages d'une apologétique virulente qu'il cherchera sans succès à publier en raison même de leur ton trop polémique. Son manque de tact ne fera qu'augmenter l'hostilité et la suspicion envers les missionnaires. La mission est réduite à deux stations en raison du départ aux armées de plusieurs Pères Blancs en 1914. Lui-même mobilisé comme infirmier en 1916, il démissionne et se retire complètement de la mission du Sahara.
Mgr Gustave NOUET (1919-1941)
En raison de la guerre, il faut attendre trois ans pour la nomination d'un nouveau Chef de mission. C'est le P. David qui assure l'intérim jusqu'à l'arrivée de Mgr Nouet en 1919.
En 1920, suite à l'application en Algérie des lois de séparation de l'Église et de l'État (1905), les limites des diocèses sont modifiées, car les "Territoires du Sud " ne sont pas touchés par ces mesures restrictives à l'égard de l'Église. La Préfecture de Ghardaïa hérite successivement des paroisses de Géryville, Djelfa et Laghouat. S'y ajouteront bientôt Aïn Sefra, Touggourt et Colomb-Béchar. Plusieurs de ces stations seront dirigées pendant de longues années (jusqu'à 40 ans!) par des responsables qui les ont marquées de leur forte personnalité et de leurs initiatives: les PP. Robin (Ouargla), Langlais (El-Goléa), Foca (Touggourt et Biskra), Giacobetti (Géryville-Aflou), Jolivet (Aïn Sefra).
Entre temps, un homme est désigné par le Conseil Général des Pères Blancs pour réorienter la mission en pays d'islam selon les directives de Lavigerie. Il s'agit du P. Henri Marchal (qui fera ensuite partie du Conseil pendant plus de 30 ans). Il fait évoluer la théologie du "salut des infidèles " vers une vision plus large de l'action de l'Esprit Saint dans les coeurs et exposera ses idées dans un ouvrage qui a fait date: "L'invisible présence de l'Église". Dans les années 30, il sera à l'origine de la fondation de l'IBLA à Tunis, institut où seront formés les jeunes missionnaires à la connaissance de l'arabe et de l'islam dans le respect de la tradition musulmane.
Au Sahara, il y a tout de même quelques chrétiens et catéchumènes qu'il faut aider même matériel- lement, car ils sont le plus souvent rejetés par la société locale. A partir de 1912, l'administration française confie aux Pères et aux Soeurs d'El-Goléa l'éducation d'orphelins ou de métis nés de l'union temporaire entre des militaires français et des femmes du pays. Étant automatiquement de nationalité française, on n'hésitera pas à baptiser ces enfants et à les élever chrétiennement. Il en résultera des foyers chrétiens dont le nombre était estimé à 300 en 1960, la majorité à El-Goléa même mais aussi dispersés dans d'autre localités d'Algérie, de Tunisie ou de France.
Dans plusieurs endroits on s'attaque à la situation de grande pauvreté dans laquelle vivent la majorité des Sahariens, soumis à des conditions climatiques peu favorables (sècheresse), à des fléaux naturels (sauterelles, oiseaux pillards, rongeurs) et régulièrement affectés par des disettes et famines. On multiplie les activités artisanales (centres d'apprentissage - cuir, vannerie - pour les garçons, ouvroirs de tissage et broderie pour les filles). Ceci évoluera lentement vers une formation professionnelle organisée pour les garçons et des écoles ménagères pour les filles.
Mgr Nouet n'est pas bien d'accord avec les idées du P. Marchal et cherche à prévenir les interventions du Conseil général des Pères Blancs dans les affaires de sa Préfecture. C'est aussi sous son mandat qu'on verra la fondation des Petits Frères de Jésus par le P. René Voillaume (à El-Abiodh Sidi Cheikh en 1933), et des Petites Soeurs de Jésus par PS Magdeleine de Jésus (à Touggourt en 1939). L'ouverture du procès de béatification du P. de Foucauld, en 1927, le conduit à Tamanrasset en 1929; il en profite pour faire transférer la dépouille du Fr. Charles au cimetière chrétien d'El-Goléa.
Mgr Georges MERCIER (1941-1968)
Epuisé et malade après ces vingt années comme Préfèt Apostolique, Mgr Nouët démissionne en 1941, d'autant plus que la guerre et son cortège de tribulations ont modifié la marche de la mission: mobilisations, difficultés de communication avec l'Europe, etc. Il est remplacé par Mgr Georges MERCIER, venant de Tunis. Il était un des piliers de l'IBLA et donc bien au courant et acquis aux méthodes d'apostolat rénovées par les PP. Marchal et Demeerseman.
D'abord Préfet Apostolique, il devient Vicaire Apostolique en 1946, la mission étant érigée en Vicariat. Il est consacré évêque à Reims, son pays natal, et en 1955 il deviendra Évêque de Laghouat, la circonscription ayant été élevée au rang de Diocèse.
C'est pendant les années de son mandat que la Mission du Sahara a connu son plus grand essor. Il aura comme collaborateurs, dans les années "60", 50 Pères Blancs, 120 Soeurs Blanches, une cinquantaine de disciples de Charles de Foucauld (Petits Frères et Petites Soeurs) et un centaine de laïques, chrétiens et musulmans. Dès la fin de la 2ème Guerre mondiale, les régions des Hauts-Plateaux (Djelfa, Laghouat, Aflou, Géryville) sont frappées par une sévère famine, conséquence de plusieurs années de sècheresse, qui décime nomades et troupeaux. Mgr Mercier prit conscience du délaissement des populations sahariennes et, à partir de ce moment-là, mettra toutes ses énergies au service de la promotion humaine et morale des habitants de son diocèse. Pour cela, il a multiplié les démarches administratives et entretenu une correspondance étendue, multipliant tournées et conférences dans les milieux susceptibles de s'intéresser au Sahara. Les écoles se développèrent et les Centres de Formation professionnelle furent structurés. Reconnus par une convention avec le Gouvernement ils vont se développer à partir des années "50", complétés par des cours de rattrapage scolaire (CPFP) et de pré-formation qui vont s'étendre dans des annexes. Naturellement, la découverte et l'exploitation du gaz naturel (Hassi R'Mel 1956) et du pétrole (Hassi Messaoud 1957) ont contribué à l'essor de ce genre d'éducation par la création d'emplois pour ouvriers qualifiés. La vie au Sahara en a été profondément trans-formée. On peut dire que, dans le Sud, l'ère pétrolière a marqué l'entrée dans la modernité.
Mgr Mercier a aussi vécu la période de la guerre d'Algérie pour l'indépendance et a participé au Concile du Vatican II. On connaît ses prises de positions fermes, en compagnie de Dom Helder Camara et des "petits monseigneurs " en faveur d'une Église servante et pauvre, au service des plus démunis ou des personnes et des groupes marginalisés par une évolution de plus en plus rapide.
Mais après 27 ans à la tête du Diocèse, Mgr Mercier préféra céder la place à un plus jeune, mieux à même de s'adapter aux changements entraînés par les prises de position des autorités du pays, ainsi que pour traduire concrètement les décisions et orientations du Concile.
Mgr Jean-Marie RAIMBAUD (1968-1989)
A la Pentecôte 1968, c'est Mgr Jean-Marie RAIMBAUD qui lui succédait. Il a tout de suite manifesté qu'il était résolu de poursuivre la même ligne d'apostolat de promotion humaine et celle du dialogue interreligieux fortement recommandée par le Concile. Cependant, les années "60" ont amené de profonds changements dans le monde, que ce soit l'évolution des mentalités dans les pays occidentaux ainsi que l'accession des pays africains à l'indépendance. Le nombre des vocations sacerdotales et religieuses commença à diminuer sensiblement et, en 1976, le Gouvernement algérien décidait la nationalisation de toutes les activités éducatives et sociales de l'Église. Un peu plus tard, l'État algérien décrétait l'arabisation totale de l'enseignement et mettait fin à la présence de coopérants étrangers dans la plupart des secteurs (santé, éducation, etc.). Une page était tournée et il fallait à nouveau être attentif aux "signes des temps ". Cette période a aussi été marquée par des contacts plus fréquents et plus suivis entre les quatre diocèses du pays, tous frappés également par les mêmes évolutions. En 1988, pour les 20 ans d'épiscopat du P. Raimbaud, le Diocèse de Laghouat a tenu un Synode diocésain visant à faire le point sur la situation de la mission dans le cadre de l'Algérie, 25 ans après l'indépendance. Ce fut aussi l'occasion de resserrer les liens entre les communautés de plus en plus réduites et dispersées sur un immense territoire. Ne faillait-il pas également approfondir les motivations spirituelles et réorienter les activités dans un contexte où le vieillissement commençait à se faire sentir et les effectifs à diminuer... Par ailleurs, en octobre de la même année, les foules algériennes descendaient dans la rue pour exiger un changement d'orientation après 26 ans de dirigisme socialiste. Il en résulta une nouvelle Constitution plus libérale, ouverte au multipartisme et encourageant les initiatives des citoyens, notamment à travers le mouvement associatif.
Mgr Michel GAGNON (1991- )
En juin 1989, Mgr Raimbaud décédait presque subitement l'âge de 64 ans. C'est à Mgr Michel GAGNON que Rome fit appel pour lui succéder. Ancien de la mission du Sahara (1958-1972), il y revenait après un long détour de 19 ans au Yémen, comme évêque de Djibouti et ensuite recteur du PISAI (Rome). Installé dans ses nouvelles fonctions à Pâques 1991, il prenait résidence à Laghouat au début de septembre. C'était quelques mois avant les élections législatives de décembre qui ont été annulées et qui ont plongé l'Algérie dans une crise aux composantes politiques, religieuses, économiques et sociales. Ajoutons à cela la coïncidence avec le démembrement du "bloc socialiste" avec lequel l'Algérie socialiste avait entretenu des relations très suivies. Autre élément important, qui a cristallisé et drainé une partie de la contestation, fut la montée de l'islamisme conservateur et radical. L'Algérie est vraiment à une "croisée des chemins ", situation qu'elle partage avec beaucoup d'autres pays arabes et musulmans, devant choisir entre un repli sur soi qui risque de l'asphyxier et une ouverture au monde extérieur en pleine mutation et dont les enjeux font peur car ils obligent à avancer en terrain quasi inconnu. Les pays de l'hémisphère Sud n'ont pratiquement pas accès aux niveaux de décision ni au contrôle des nouvelles technologies et se sentent entraînés vers un mode de vie et de relations étranger à leur tradition ; d'où les réactions souvent violentes des mouvements et partis politiques hostiles à la modernité et à la mondialisation. En conséquence, l'image de l'Algérie apparaît comme très négative à l'étranger; la Mission éprouve des difficultés à renouveler ses permanents et se voit limitée dans ses initiatives, bien que très sollicitée pour de multiples services.
Toutefois, le fait d'avoir traversé ces années d'épreuve en solidarité avec le peuple algérien et au prix du sacrifice de 19 de siens, l'Église d'Algérie s'est acquise un "droit de cité" qui dépasse le nombre de ses membres et où elle est de plus en plus acceptée pour ce qu'elle est plutôt que pour ce qu'elle fait. Il y a donc des enjeux de taille mais nous les abordons avec confiance dans le Christ, notre Chef de mission, confiance égale-ment en l'avenir de l'Algérie et avec la conviction que les croyants sincères peuvent s'accepter avec leurs différences et unir leurs efforts pour faire face aux défis d'aujourd'hui en mettant en commun leurs ressources humaines et spirituelles dans un monde fortement matérialisé et laïcisé. Ce monde a vécu en septembre dernier des événements qui ont remis en question bien des choses concernant les relations internationales. Pour le moment, c'est l'usage de la force qui prédomine, mais une réflexion plus profonde est aussi amorcée sur les causes de ces violences et sur l'évolution de ce qu'il est convenu d'appeler "le nouvel ordre mondial ", lequel a trop eu tendance à favoriser les pays plus avancés, marginalisant ceux qui ont de la peine à suivre ou leur imposant des conditions quasi insupportables sur le plan de la justice et celui de l'égalité et de la solidarité entre les peuples.
En conclusion, la célébration de ce Centenaire nous fait réaliser que la Mission est toujours aussi nécessaire. L'exemple des anciens et anciennes, qui ont oeuvré dans des conditions souvent très difficiles, sans jamais se décourager doit nous soutenir pour avancer comme eux dans la foi et la confiance en Celui qui a promis d'accompagner son Église jusqu'à la fin des temps.
Ghardaïa, le 5 novembre 2001.
+ Michel Gagnon, m.Afr.
évêque de Laghouat

 

 

Vendredi 05 Mai 2006

in http://fr.allmetsat.com

El Golea Algérie

latitude: 30-34N,

longitude: 002-52E,

altitude: 397 m

Moyenne mensuelle des températures minimales et maximales quotidiennes.
Le terme précipitation désigne tout type d'eau qui tombe du ciel, sous forme liquide ou solide. Cela inclut la pluie, la neige, la grèle, etc...

 

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Présentation

elgolea

Pseudo: elméniaCatégorie: TourismeDescription:
El goléa (el ménia) est une oasis du sud algerien située à 870 kms d'Alger sur la RN1 et à 270 kms de Ghardaia.
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Texte libre

 

La Route Nationale n°1  RN1 .

A partir d'Alger la route nationale n°1 méne directement vers EL GOLEA au sud.

Le trajet par la route passe par  BLIDA - MEDEA - BERROUAGHIA - KSAR BOUKHARI - BOUGHZOUL - AIN OUSSERA - HASSI BAHBAH - DJELFA - LAGHOUAT - BERRIANNE - GHARDAIA - EL GOLEA.

La distance entre Alger et El Goléa est de 870 kms et de 270 kms entre ghardaia et El Goléa.

Par la route les bus joignent 7 fois par jours Alger à Ghardaia ( 600 kms ) .

Ghardaia - El Goléa  plusieurs bus et taxis font la liaison quotidiennement.

Un bus relie El Goléa au départ d'Alger tous les jours.

Une liaison aérienne hebdomadaire en tre la capitale et El Goléa, mais pas toujours fiable en raison des annulations, vents de sables et du prix élevé du billet.   

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