Sur la route d'El Goléa
Nous avons passé notre dernière nuit chez Farid. Ma lampe de poche est grillée, et je suis ravie de penser que je n’en aurai plus besoin.
Nous marchons jusqu’en ville pour prendre notre petit déjeuner et attendre les taxis qui sont censés nous emmener vers El Goléa, puis Ghardaïa. Mais bien sûr ceux-ci ne sont pas au rendez-vous ! C’est encore Farid qui s’est fait fort de nous les obtenir, aussi restons-nous certains qu’à tout moment la situation peut se retourner et nous obliger à prendre le bus du soir… En effet, si nous avons choisi le taxi, c’est uniquement dans l’espoir d’arriver plus tôt à El Goléa et d’y passer une demi-journée.
Deux 604 familiales s’approchent enfin, mais d’âpres pourparlers s’engagent : les chauffeurs ne paraissent plus d’accord avec le tarif prévu ! Immédiatement, nous répliquons que nous préférons attendre l’autobus. Arrive alors Ahmed, toujours très européen et rempli de sollicitude, qui se joint à Farid pour tenter de fléchir ces messieurs enturbannés, au nez pointu et au menton pointu. De son air préoccupé et mélancolique, il nous confie qu’il veut vraiment nous aider, et que s’il le faut il est prêt à payer de sa poche le supplément réclamé. Nous nous exclamons qu’un pareil arrangement est exclu ! Mais ce qui nous gêne le plus en fait, c’est de ne pas réussir à suivre les négociations qui s’effectuent en arabe.
Ahmed nous explique enfin le fond du problème : nous sommes quatorze, compte tenu des deux « enfants » (11 et 13 ans) qui accompagnent leurs parents, et nous avons retenu deux taxis à six places… Les chauffeurs craignent de travailler en surcharge, et demandent pour cela une compensation financière ; par ailleurs l’un des deux taxis, originaire d’El Goléa, ne voit aucun inconvénient à nous conduire jusqu’à Ghardaïa, car il ne devrait pas avoir de difficulté à trouver des passagers pour son retour, tandis que l’autre, originaire de Timimoun, pense n’avoir personne pour revenir et demande donc une rétribution plus élevée.
Après encore une demi-heure de discussion, Daniel réussit à arrêter un prix, et nous chargeons nos sacs dans les voitures.
Avec quel soulagement vois-je s’éloigner définitivement les murs de parpaings de la maison inachevée de Farid ! Avec quelle satisfaction puis-je constater que le taxi est d’un confort total sur la belle route goudronnée qui mène à El Goléa, et que son chauffeur le manipule avec une douceur parfaite !
Celui-ci enfonce bientôt une cassette crasseuse dans un vieux lecteur poussiéreux qui pend, à moitié branché, de son tableau de bord. Le son vacille un peu, mais ça marche. Depuis le temps que l’on n’avait pas entendu de musique, cela paraît un délice…
Surgi des rebords du désert, à l’horizon, le soleil monte comme une grosse boule de feu au-dessus des pierrailles grises, et j’admire enfin à loisir mon « lever de soleil sur le désert »… ! Saisie par la chaleur subite, ma voisine s’est assoupie ; derrière moi, le jeune Sébastien papote à n’en plus finir, débitant toute sa panoplie de bonnes blagues. Pour ma part, je préfère m’extasier sur le paysage désertique au soleil levant, car avec les ombres, on se jurerait en bateau dans la baie de Saint-Brieuc (j’y ai pêché le homard un jour dans un petit chalutier) : devant nous, les pointes des falaises se succèdent parfaitement identiques aux côtes rocheuses de Bretagne, et je souffre vraiment beaucoup de n’avoir plus de pellicule pour photographier ce phénomène ! Hélas le père de Sébastien, quoique remarquablement outillé, refuse obstinément de m’offrir le cliché souhaité, affirmant que ce ne sont que redites de paysages « déjà vus ».
Après un petit arrêt vers 10h pour admirer des chameaux près d’un point d’eau, puis un autre vers 11h sous un arbre isolé et en plein vent glacial, nous stoppons vers midi devant une sorte de « restoroute » planté en plein désert à l’intersection de la route El Goléa-In Salah. A notre droite, vers In Salah, le Grand Sud, la direction de Tamanrasset ; à notre gauche, à une heure vers le nord, El Goléa.
Le « restoroute » est plutôt bidon : quatre murs blancs à l’extérieur et bleus à l’intérieur (plus un plafond), une assiette de bouillon rouge où nagent quelques grains de semoule et un bout de gras dur, et pas d’eau mais seulement quelques bouteilles de Fanta... Nous n’aurons jamais si mal mangé ; cependant nos chauffeurs, quant à eux, jeûnent. Nous observons avec envie une bande de belges qui filent vers le sud.
Enfin nous atteignons El Goléa en début d’après-midi. Mais nous ne sommes pas au bout du voyage ! Il nous faut trouver un gîte pour la nuit, et après quelques tâtonnements nous fixons notre résidence dans un camping situé près du centre ville. Daniel donne quartier libre à nos taxis, congédiant définitivement celui de Timimoun, et priant son compagnon de se trouver un collègue pour le lendemain matin. Le temps d’installer nos petites canadiennes, et déjà la journée est bien avancée.
Nous partons en exploration vers 16h, mais il est déjà trop tard pour se rendre jusqu’au tombeau de Charles de Foucauld, situé près d’une église à cinq kilomètres. J’en suis fort affectée : à défaut du Hoggar, j’aurais pu au moins m’approcher des restes de son plus illustre habitant!
El Goléa n’est plus une ville d’argile, comme Timimoun, mais ce n’est pas non plus un joli « jeu de construction » comme Ghardaïa avec ses petits cubes jaunes et bleus. C’est une jolie cité de plaisance, aux villas fraîchement agrémentées de jardinets plantés de grands arbres et entourés de grilles. Les rues sont équipées de trottoirs, et on y trouve une gendarmerie, des bâtiments publics, un parc aux eucalyptus immenses, des night clubs, une population abondante de militaires en permission, qui lui confèrent une allure très européenne.
Nous nous écartons les uns des autres pour former des petits groupes vaquant au gré de nos envies… Je goûte un verre de lait caillé que je trouve imbuvable, puis recherche la palmeraie, où se dresse un vieux ksar qu’on nous a dit de ne pas manquer. Hélas, plus un centimètre de pellicule... Les passants, charmants, nous indiquent gracieusement notre route, et la palmeraie nous apparaît avec ses jardins remarquablement gardés cette fois par de solides murs aux portes d’acier fermées à clef. Cependant à peine nous en approchons-nous que des bandes de gamins nous assaillent pour nous réclamer des piécettes ou des stylos.
Le ksar ressemble à un village fortifié, en ruines sur un piton rouge. Mais impossible de rester tranquilles une seconde : nos jeunes guides refusent de nous lâcher, imposant leurs anecdotes et leurs conseils. Leurs affirmations parfois nous intriguent, comme le fait que le ksar contiendrait un puits très profond, ou recèlerait des chambres encaissées dans le roc ; mais nous ne pourrons jamais comme nous le souhaitions grimper à son sommet, retenus par les cris véhéments de nos petits compagnons : « Ti cherches la mort ! Ti cherches la mort ! »… Nous aurons bien du mal à nous en dépêtrer.
Enfin nous retrouvons avec soulagement la taverne où nous avait arrêtés le bus du premier soir. Ce sera notre meilleur repas depuis longtemps !
in http://www.yfolire.net/sais/natur_s1.htm
Si vous vous rendez un jour à El-goléa, au sahara, conseille Jean Claude Leduc, un jeune ethnologue, ne vous hasardez pas à dire, sous un ciel d'un bleu profond: " Quel beau temps! " Nouveau venu sous ces latitudes, c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas compris le coup d'oeil courroucé du pompiste qui refaisait le plein de notre réservoir. Un peu plus tard, un français qui vivait là depuis 30 ans m'expliqua. Ces 10 derniéres années, il n'était pas tombé une goutte d'eau sur la région ! Ma remarque, pour les gens de l'endroit, était aussi mal venue que celle d'un touargequi, arrivant du fin fond du sahara en irlande où il pleut 250 jours par an, se serait écrié: " Enfin de la pluie ! ".
L’étude de la nouvelle ville d’El Menéa (Ghardaïa) en voie de finalisation
D'après [Aps 21/12/05], une étude du projet de réalisation de la nouvelle "Ville jardin" d’El Menéa (Ghardaïa) est en voie de finalisation, a indiqué le directeur de l’Urbanisme et de la Construction (DUC), en marge d’une visite de travail et d’inspection du wali de Ghardaïa sur le site devant abriter cette ville nouvelle. Une fois achevée, cette nouvelle ville, "unique de par son aspect architectural, recevra près de 25.000 habitants avec toutes les commodités d’une agglomération urbaine à vocation touristique", a-t-il précisé.
"Ville-Oasis" d'El Meniaa
.... la nouvelle "Ville-Oasis" d'El Meniaa, localité touristique réputée pour ses eaux minérales, située sur la RN 01 à 250 km au sud de Ghardaïa, l'étude architectural, confiée à un bureau algéro-tunisien, a été achevée et les travaux de réalisation seront lancés prochainement.
Cette nouvelle ville constitue une nouveauté dans son style urbanistique qui marie avec raffinement les aspects architecturaux méditerranéen et saharien. Elle peut recevoir près de 40.000 habitants avec toutes les commodités d'une agglomération urbaine à vocation touristique.
La localisation de cette nouvelle ville sur un plateau à 5 Km au nord d'El Meniaa, sur la route nationale, lui confie un rôle stratégique dans le développement du tourisme saharien.
Selon le directeur de l'urbanisme et de la construction de la wilaya de Ghardaïa, ces nouvelles "Villes-Oasis", tout en s'intégrant parfaitement dans les schémas directeurs d'aménagement urbain des anciennes ville d'El Meniaa et de Metlili, préservent leur environnement et les palmeraies.
In http://www.ghardaia-capitale-mzab.net/el_meniaa.htm
EL Meniaa à 360 km au nord-est de Timimoun, on traverse le désert gris de la hammada pierreuse parfois entrecoupé de sables et de pâturages dans le fond des oueds.
La ville occupe une dépression, contre l'ancien plateau rompu par des falaises formant cirque autour de l'oasis. On peut être surpris par le calme qui règne sur la ville ombragée d'eucalyptus géants et sillonnée par des gamins perchés sur de grands vélos noirs.
Deux places encadrent le centre ville aux rues perpendiculaires. Près de l'une d'elles, se pressent des charrettes matinales en direction du marché. On y trouvera les légumes de la palmeraie, parfois quelques sarouals et djellabas d'occasion, et aussi les turfees, les truffes du désert, qui poussent du Décembre à Avril. Leur chair blanche a un goût de champignon et, les bonnes années, un parfum très recherché … par les faussaires en truffes.
- H.Duveyrier (séjour à El-Golea en 1859), fait remonter l'édificationdu K'sar aux Garamantes. D'autres aux Zénertes, agriculteurs laborieux, qui auraient donné au K'sar son premier nom de "Taourirt" (colline en tamazight): "La Protégée".
''En ce temps donc "Taourirt" (colline en tamazight) était gouvernée par une reine, Sultane d'El-Golea, qui comme celle de tous les contes était, dit-on, d'une grande beauté Intelligente et énergique, elle habitait au sommet du K'sar, protégée par la dernière enceinte, préférant son existence solitaire aux agréments et aux servitudes de la vie matrimoniale !!!
Or, il advint que son voisin, le Sultan du Maghreb, (c'est à dire du Maroc, pays du couchant) s'éprit d'elle, à la suite du portrait que lui en firent des caravaniers qui avaient eu le privilège d'approcher la Sultane !!!
Ainsi que le prince de la fable, le Sultan amoureux dépêcha auprès de l'objet de ses vœux ses meilleurs ambassadeurs porteurs de riches présents| Ceux-ci ayant été éconduits et ceux-la repoussés, le prétendant malheureux vint, à la tête d'une nombreuse armée mettre le siège devant "Taourirt" (colline en tamazight).
Le village et sa reine, confiants dans la solidité des murailles et l'abondance des victuailles, ne doutèrent point de lasser, un jour ou l'autre l'insolent Marocain !!!Mais le Sultan, homme tenace comme tous les Berbères, assiégea le K'sar, et de ce jour, laissa le temps faire son œuvre.
Au bout de plusieurs mois la confiance des assiégés fût ébranlée : les provisions allaient manquer !! C'est alors, qu'en souveraine aviée la Sultane de "Taourirt" (colline en tamazight) résolut de recourir à un stratagème :
Un jour, les assiégeants virent apparaître sur la plus haute muraille des linges éclatants de blancheur que l'on mettait à sécher. En même temps, les défenseurs jetèrent par dessus les remparts, d'appétissantes galettes, pendant que la porte extérieure, un instant entr'ouverte, livrait passage à une grosse chèvre poussée par une vieille femme.
Le Sultan comprit le langage de ces symboles :
Vois ! Nous avons de l'eau en abondance puisque nous l'utilisons pour laver notre linge !. Crois tu que nous oserions gaspiller notre blé si nous en étions à court ! Quant à la viande, elle ne nous fait pas défaut puisque nous t'offrons une de nos plus belles chèvres !! La vieille femme confirma le langage des choses. Le Sultan persuadé qu'il ne réussirait jamais à réduire "Taourirt" (colline en tamazight) par la famine leva le camp est rentra dans son pays.
La reine avait sauvé son K'sar"
Le désert est ponctué de petits îlots de vie. Timimoun, Djanet, El Golea : dans ces oasis, l'histoire naturelle et humaine est d'une richesse étonnante. Là où l'eau surgit, c'est toute une culture qui apparaît, avec son économie, ses traditions et ses arts. De petits paradis fragiles et isolés, qui ont su s'organiser autour des sources si précieuses.
in http://www2.cnrs.fr/presse/journal/437.htm

