Le printemps cette année est exceptionnel dans le Sahara, les pluies abondantes de l'hiver ont généré une flore variée et abondante que l'on croyait disparue comme les TERFEZ qui de mémoire de saharien ont rarement été aussi disponibles que cette année, les marchés sont inondés de ce champignon qui fait le bonheur de toutes les bourses...
Un article de Nazim Fethi pour Magharebia à Alger -- 20/04/09
[Getty Images] Les truffes algériennes sont une nouvelle exportation populaire. |
La saison des truffes en Algérie marche remarquablement bien cette année. Les commerciaux se réjouissent des profits, les entreprises de transport et d'exportation peuvent tout juste faire face aux demandes, et, ce qui est le plus encourageant, de nombreuses nouvelles opportunités d'embauche sont mise à la disposition de ceux qui voudraient cueillir ce mets raffiné.
Les truffes sont abondantes dans le désert du sud-ouest de l'Algérie. Les agriculteurs n'ont aucun effort à fournir pour les voir croître. Ces champignons n'ont besoin que de pluie.
Et cette année, le ciel a été généreux.
Depuis le début de l’année, l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger connaît une activité particulière : des camions remplis de truffes sont déchargés dans les soutes des vols à destination des pays du Golfe et de la Syrie.
Le vol Alger-Dubaï, par exemple, a connu une pression telle que les responsables du fret ont dû limiter les quantités de truffes transportables. La direction du fret a dû limiter les cargaisons à 15 tonnes par vol, en raison du manque de moyens humains et matériels.
La direction du fret a enregistré un chiffre d’affaires estimé à plus de 80 millions de dinars en février. Pour son chef de service, Achour Beldjilali, ce chiffre pourrait être encore largement amélioré si les ressources humaines et matérielles étaient suffisantes.
Les entreprises d'exportation se réjouissent.
Ahmed Ghanem, le gérant de l'entreprise d'exportation El Ahliya déclare : "Tout se passe bien. Les truffes se vendent comme des petits pains et les clients demandent toujours davantage".
Anouar Slimani gère de nombreuses affaires commerciales à Dubaï. Il a exporté des truffes vers les pays du Golfe. Il dit maintenant qu'il est temps d'aller plus loin.
"Je commence mes premières livraisons, avec les Syriens, en envoyant des quantités de deux tonnes par vol. Pour le moment, ça rapporte bien. L’an prochain, je compte m’installer à mon propre compte".
Dans certaines zones, le produit ne peut que difficilement répondre à la demande locale, comme c'est le cas dans la région de Boussaâda, où la majorité des cueilleurs consomment les truffes qu'ils ont trouvées.
Les jeunes cueilleurs de truffes de Boussaâda et Bechar (800 kilomètres au sud-ouest d'Alger) sont surpris par le fait que leur aliment de base se soit transformé en une grande affaire commerciale, mais ils ne s'en plaignent guère.
"Par le passé, on cueillait juste pour la famille et la consommation locale. Maintenant que les Syriens sont très demandeurs des truffes, on travaille sans arrêt ", dit Ahmed Moualy, aun jeune d'Abadla,à proximité de Béchar.
"C’est vrai que c’est un travail saisonnier. Mais cela rapporte bien," ajoute-t-il.
Mais, au regard de la forte demande sur les truffes, les meilleurs endroits sont pris d’assaut par des habitués.
"J’ai appris ce métier de mon père, qui l’a appris de son père. Le désert, on le connaît comme notre poche. Mais, avec l’engouement des commerçants pour les truffes, il y a de la concurrence. Parfois, on doit user de la force pour défendre son territoire. Parfois, on doit sortir en cachette, à l’aube, pour ne pas être suivis," dit Bachir Reguigui, de Béchar, à Magharebia.
"La pression des gros revendeurs, liés aux exportateurs, fait que nous ne pouvons pas répondre à toute la demande", affirme Moussa Touhami, jeune cueilleur de truffes.
Mais ce dernier reste optimiste." Avec les dernières pluies, la production sera abondante. Je suis en train de réfléchir, avec des amis, pour monter une coopérative de stockage des truffes et, pourquoi pas, sa commercialisation, en dehors de la région de Boussaâda."





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C'est pratiquement à la tête de la quasi-totalité de son exécutif que le wali de Ghardaïa, M. Yahia Fehim, s'est déplacé, lundi, à la daïra d'El-Menea, à 270 km au sud-est du chef-lieu de wilaya.
Dès son arrivée, le wali a ordonné de travailler sur le terrain et de se rendre auprès des citoyens, afin de prendre conscience des réelles conditions de vie qu'ils endurent. “Nous ne sommes pas venus pour nous asseoir sur des chaises mais pour travailler”, lança d'un air grave le wali aux responsables locaux.
Et d'ajouter : “C'est l'occasion ou jamais pour vous de démontrer vos compétences et votre engagement envers cette population pour la faire sortir de cette endémique paralysie socioéconomique.” La première visite a été consacrée à la commune de Hassi El-Gara, précisément au quartier Diar El-Batane, où plusieurs logements sont pratiquement perdus et dont vingt et une familles occupent des logements OPGI, après que les premiers occupants eurent été transférés, à l'amiable, vers le pensionnat du technicum Mohamed-Belekbir. Beaucoup de citoyens sont sortis pour exprimer leur détresse et dénoncer l'abandon total dans lequel ils se retrouvent.
“Venez voir, M. le wali, cela fait presque une semaine que nous n'avons, ma famille et moi, qu'une toile au-dessus de nos têtes pour nous abriter du froid glacial et de la pluie intermittente”, crie presque ce sexagénaire qui jure n'avoir vu les responsables de la région que “grâce à votre visite, M. le wali. Personne d'entre eux n'est venu s'enquérir de notre misérable condition”.
Apaisant, le wali affirme que la wilaya a beaucoup de possibilités pour soulager cette population. “Nous pouvons encore envoyer des aides. Des stocks existent. Les décisions vont être prises et j'entends qu'elles soient appliquées à la lettre et sans délai”, affirme le wali. À haï Belhadj, où une rue complètement défoncée laissant se déverser d'un égout un liquide visqueux nauséabond, le wali ordonna que si l'entreprise chargée de réparer cette conduite, inscrite au titre du plan sectoriel de développement pour une opération de trois kilomètres et d'une valeur de trente-cinq millions de dinars, n'est pas compétente pour faire le travail dans des délais courts et avec qualité, il y a lieu, sans hésiter, de résilier le contrat et d'en chercher une autre, “quitte à ramener des Chinois, s'il le faut !”
Sur place, il ordonne l'inscription sur PCD d'une opération de réalisation d'une autre tranche de trois kilomètres du réseau d'assainissement pour trois milliards de centimes. Partout, ce sont les mêmes complaintes, que ce soit au quartier El-Gharbia, Mcharih-Bentassa ou à haï Enasr, les gens s'agglutinent autour du wali pour déverser leur colère sur l’administration. Remarquant une vieille bâtisse, ceinte de fer forgé, le wali demanda ce que c'était. La réponse a fait sortir le wali de ses gonds : un semblant de salle de soins démunie de tout, décrépie, délabrée, suintant de toutes parts et tombant en ruine, occupée par un infirmier. Ordre fut donné au DSP de prendre en charge rapidement la réhabilitation de cette structure et d'inscrire en toute urgence la construction d'une autre structure sanitaire aux normes requises.
À Haoud Belemcherah, où des forages illicites ont été effectués dans un espace d'urbanisme sauvage sans accessibilité, même des drains ont été remplacés par des buses. Ce qui complique davantage l'évacuation des eaux usées et menace la nappe phréatique, selon M. Fodil Haïmouda, enseignant de physique au lycée de Hassi El-Gara et représentant de l'Union des agriculteurs d'El-Meniaâ. Après Hassi El-Gara, c'est au tour de la commune d'El-Menea. Recensant à ce jour quatre-vingt-sept demeures ef-fondrées, les sept commissions à pied d'œuvre sur le terrain n'ont pas encore ratissé tous les coins de cette commune, ce qui laisse ouvert le bilan appelé à être revu à la hausse, compte tenu de la nature des matériaux de construction rudimentaires utilisés. La remontée des eaux, résultat de la saturation des sols, a aussi occasionné beaucoup de dégâts.
Lors d'une brève séance de travail, le wali annoncera ses premières décisions, à savoir la construction en toute urgence de deux cent cinquante logements ruraux destinés aux sinistrés, dégager trente milliards de centimes pour la réfection des routes et des canalisations d'AEP et l’envoi, à partir de Ghardaïa, en grandes quantités de matelas, de couvertures et de kits alimentaires conséquents avec obligation de nettoyer l'environnement du centre d'hébergement.